L’été 2025 a marqué un tournant discret mais significatif pour la mobilité électrique en France. Sans détrôner la voiture thermique, les modèles 100 % électriques se sont fait une place sur les routes des vacances. Elles profitent d’un réseau de recharge plus dense et plus fiable que jamais. Les données publiées par OpinionWay et l’Avere-France montrent que, même si la part des vacanciers électrifiés reste modeste, les habitudes évoluent rapidement. Plus de bornes, plus d’utilisateurs et un usage record en juillet. Tous les indicateurs pointent vers une adoption croissante, même si des défis subsistent.
Sommaire :
Les Français et leur voiture : une histoire qui continue
Chaque été, les sondages confirment que la voiture reste le mode de transport préféré des Français pour leurs vacances. En 2025, cette tendance se confirme. Selon le baromètre OpinionWay pour Drivalia, un peu plus d’un Français sur deux (54 %) prévoit de partir en vacances cette année. 75 % de ces voyageurs prendront leur voiture.
L’avion (21 %) et le train (19 %) continuent d’attirer un public fidèle, mais restent loin derrière.
Ce choix s’explique par la flexibilité qu’offre la voiture : liberté de parcours, gestion du temps et possibilité de transporter plus de bagages.
Cependant, la nouveauté vient de l’évolution des mentalités. En 2025, 30 % des Français déclarent privilégier des solutions plus écologiques pour voyager. Un chiffre qui grimpe à 80 % chez les 18-34 ans. Cette génération, plus sensible à l’impact environnemental, pourrait accélérer la transition vers l’électrique dans les années à venir.

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Louer pour tester : l’électrique à l’essai
Pour ceux qui hésitent encore à franchir le pas de l’achat, la location s’impose comme une porte d’entrée idéale. En 2025, 27 % des vacanciers envisagent de louer une voiture électrique pour l’été, soit 4 points de plus qu’en 2024. Cette option permet de tester l’expérience sur plusieurs jours, sans engagement, tout en adaptant son véhicule à la destination.
Les vacanciers arrivant en train ou en avion sont particulièrement concernés. Louer une petite citadine électrique à l’arrivée permet de circuler facilement dans les zones touristiques où le stationnement est parfois compliqué. Autre bonne surprise : le budget moyen pour une semaine de location baisse, passant de 365 euros en 2024 à 281 euros cette année. Désormais, l’essai de la voiture électrique en vacances est plus accessible.
Une présence encore minoritaire de la voiture électrique pendant les vacances, mais en nette progression
Malgré cet intérêt croissant, la voiture thermique domine toujours. Parmi les vacanciers voyageant en véhicule individuel, voici les chiffres à connaître :
- 82 % utilisent encore un modèle essence ou diesel
- 12 % optent pour l’hybride
- 5 % pour l’électrique.
Ce dernier chiffre peut sembler faible, mais il est en hausse de 3 points par rapport à 2023.
Les modèles récents contribuent à ce frémissement. La Renault 5 E-Tech, lancée cette année, est devenue la voiture électrique la plus vendue en France au mois de juillet. Compacte, au design rétro et au tarif plus abordable que beaucoup de concurrentes, elle a séduit de nombreux automobilistes.
Les données de l’Avere-France confirment que ces véhicules électriques ont été largement utilisés pour les vacances. En juillet 2025, chaque point de recharge a enregistré en moyenne 29,5 sessions, contre 16,9 un an plus tôt, soit une hausse de 75 %. Et cela, alors même que le nombre de bornes a progressé de 22 % sur la période.

Un réseau de recharge qui monte en puissance
Le véritable moteur de cette progression reste l’amélioration du réseau de recharge. Au 31 juillet 2025, la France comptait 174 574 points de recharge publics, soit 259 pour 100 000 habitants.
Néanmoins,la répartition reste inégale : l’Île-de-France domine avec plus de 31 000 bornes réparties sur 6 893 stations, alors que la Guyane n’en compte que 30. L’Auvergne-Rhône-Alpes détient le record de puissance totale, avec plus d’un million de kW disponibles.
Côté emplacements, les commerces sont les mieux équipés (44 % des bornes), suivis par les parkings (28 %) et la voirie (16 %). En termes de puissance, 47 % des bornes délivrent entre 7,4 et 22 kW en courant alternatif, adaptées aux arrêts prolongés. Les bornes lentes (< 7,4 kW) représentent encore 32 % de l’offre.
La bonne surprise vient des bornes rapides. Celles de plus de 150 kW en courant continu représentent désormais 11 % du réseau, et 17 % si l’on inclut toutes celles au-delà de 50 kW. Rien qu’en juillet, 5 015 nouveaux points ont été installés, dont un cinquième en recharge rapide ou ultra-rapide.
Des vacances branchées… sans trop d’attente
La crainte de faire la queue aux bornes pendant les grands départs reste un frein pour certains vacanciers. Pourtant, les données rassurent : en juillet 2025, 70 % des bornes étaient accessibles 99 % du temps.
Le taux d’accès immédiat, donc la possibilité de brancher sa voiture sans attendre, reste à 95 %, même lors des chassés-croisés. Les bornes rapides affichent des taux de disponibilité élevés : 92,3 % pour celles de moins de 150 kW et 96,1 % pour les plus puissantes. Ces performances permettent de planifier sereinement de longs trajets, même en période de forte affluence.
En outre, l’autonomie limitée de certains véhicules impose encore une planification minutieuse. Un point qui peut décourager les conducteurs habitués à la spontanéité du plein d’essence. Enfin, si l’attente aux bornes n’est plus systématique, elle peut encore survenir lors des pics estivaux, notamment sur les aires d’autoroute les plus fréquentées.

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L’été où l’électrique a vraiment pris la route des vacances
Les chiffres sont parlants : hausse des sessions de recharge, réseau en expansion rapide, fiabilité accrue et vacanciers plus nombreux à se lancer. Même si la part de marché reste modeste, la progression est constante et soutenue par une volonté croissante de voyager plus proprement.
Des efforts restent nécessaires pour uniformiser la couverture du territoire et augmenter la puissance disponible, mais la dynamique est lancée. Sur les routes du soleil comme dans les embouteillages du retour, l’électrique n’est plus une exception : elle devient peu à peu une évidence.






