Après une année 2025 record, Polestar affiche ses ambitions pour devenir un acteur majeur du marché des voitures électriques. Et à ce qu’il paraît, le constructeur ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Fort d’une croissance de 34 % de ses ventes mondiales l’an dernier (60 119 unités), il a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour séduire un public plus large et répondre aux nouvelles exigences de sécurité. Voici ce qu’il faut retenir des annonces faites par Michael Lohscheller, le PDG de la marque suédoise.
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La Polestar 4 se décline en break pour séduire les familles
Fort de son succès commercial, le Polestar 4 s’apprête à diversifier son offre. Dans cette optique, Michael Lohscheller, PDG de la marque, a tenu à justifier cette extension de gamme en rappelant l’ADN du constructeur :
« Le Polestar 4 coupé est actuellement notre modèle le plus vendu. D’ici la fin de l’année, nous lancerons une nouvelle version… La Suède est réputée pour ses breaks et ses SUV de classe mondiale. Nous combinons ici l’espace d’un break et la polyvalence d’un SUV, tout en conservant la dynamique de conduite propre à Polestar. »
Certes, le constructeur n’a pas explicitement validé le terme « break ». Toutefois, les premiers visuels ne laissent guère place à l’interprétation. On y discerne non seulement des barres de toit longitudinales, mais surtout une véritable lunette arrière vitrée.
Ce choix marque une rupture nette avec le coupé actuel, dépourvu de vitre arrière, et traduit une volonté manifeste de conquérir un public plus pragmatique. Inévitablement, cette silhouette rappelle les célèbres Volvo Cross Country, transposées ici à l’ère électrique. Assemblé en Corée du Sud, ce nouveau venu affrontera dès la fin de l’année la Volkswagen ID.7 Tourer.

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Une nouvelle Polestar 2 dès 2027 pour remplacer l’icône
Contre toute attente, la Polestar 2 s’apprête à renaître de manière anticipée. Avec plus de 190 000 unités au compteur, ce modèle fondateur s’impose comme l’épine dorsale de la gamme. Dès lors, assurer sa relève dès le début 2027 devient une priorité absolue.
Certes, la berline continue de séduire en Europe grâce à un ultime restylage. En revanche, sa carrière américaine a subi un coup d’arrêt brutal l’an dernier, victime des barrières douanières visant les productions chinoises. Face à cet impératif, Michael Lohscheller a même confirmé un développement mené « à une vitesse record » pour réinvestir pleinement les marchés clés. En attendant, la version actuelle a bénéficié d’un ultime restylage en Europe pour assurer la transition.
Techniquement, cette seconde itération s’inscrira dans une stratégie globale visant à offrir une gamme de cinq véhicules d’ici la fin de la décennie. In fine, elle devra capitaliser sur l’architecture à propulsion introduite en 2023 tout en intégrant les dernières avancées logicielles pour demeurer la référence de son segment

Polestar 5 et 7 : le calendrier des prochaines sorties
L’offensive produit dépasse le simple renouvellement de l’existant. En effet, la marque entend couvrir tous les segments clés du marché premium grâce à un calendrier millimétré :
- Polestar 5 (été 2026): ce sera le nouveau porte-étendard technologique de la marque. Dès cet été, cette grande GT 4 portes débutera ses livraisons européennes. Conçue pour rivaliser avec la Porsche Taycan ou la Tesla Model S, elle incarne le sommet de la performance électrique suédoise. Dès lors, elle aura la lourde tâche d’asseoir le prestige de Polestar face aux références allemandes.
- Polestar 7 (2028): à l’horizon 2028, ce SUV compact viendra compléter la gamme par le bas. Stratégiquement, il s’agit d’un modèle crucial pour générer du volume. Il devra ainsi s’imposer sur le segment le plus concurrentiel du marché européen, là où la demande est la plus forte.
- Polestar 6 (en attente): quant au superbe cabriolet préfiguré par le concept O2, il faudra patienter. La priorité étant donnée à la rentabilité et aux volumes, ce modèle d’image a été repoussé à la fin de cette vague de lancements. En somme, le constructeur privilégie la croissance des parts de marché avant l’image pure.

Fin du tout tactile et du gris : Polestar revoit sa copie
En parallèle de son offensive produit, Polestar opère une révolution culturelle. Sous l’impulsion de Philipp Römers, le patron du style, l’ère du minimalisme scandinave radical touche à sa fin. Si le système d’exploitation reste basé sur Android Automotive, l’interface gagnera en personnalisation et marquera surtout le retour des boutons physiques.
Cette décision ne relève pas uniquement de l’ergonomie. Elle répond surtout aux nouvelles exigences de l’Euro NCAP. Dès 2026, l’organisme pénalisera le tout tactile pour les fonctions vitales (feux de détresse, essuie-glaces). Le constructeur doit donc s’adapter pour conserver ses 5 étoiles. Notez toutefois que cette refonte concernera prioritairement les futures Polestar 2 et 7, la variante break de la Polestar 4 devant logiquement conserver l’agencement actuel.
Par ailleurs, l’ambiance à bord va changer de visage. Fini le monopole du gris et du noir, jugé trop proche des standards allemands conservateurs. Pour séduire une clientèle plus jeune (45 ans en moyenne), la marque misera sur des habitacles colorés. Apparemment, Polestar souhaite injecter davantage de caractère et de chaleur dans ses intérieurs.






