Parcourir 4 264 kilomètres en vingt-quatre heures n’a rien d’un simple coup de communication. Avec cette démonstration, Xiaomi cherche avant tout à répondre à l’une des inquiétudes historiques liées à la voiture électrique, à savoir la capacité à enchaîner les kilomètres à un rythme soutenu sans dégradation des performances. Derrière ce chiffre spectaculaire se cache une SU7 profondément remaniée, dont les évolutions techniques traduisent une montée en maturité rarement observée chez un constructeur aussi récent.
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Des records comparables pour situer précisément la performance de la SU7
Les défis d’endurance sur vingt-quatre heures sont devenus un indicateur intéressant pour jauger la robustesse réelle d’un véhicule électrique. Ces derniers mois, plusieurs modèles se sont prêtés à l’exercice. La Xpeng P7 avait établi une référence solide avec 3 961 kilomètres parcourus, tandis que le Xiaomi YU7 avait atteint 3 944 kilomètres. La Mercedes CLA s’était, quant à elle, arrêtée à 3 717 kilomètres.
Avec 4 264 kilomètres, la SU7 dépasse clairement ces valeurs. Sur une durée aussi longue, un gain de 300 à 500 kilomètres ne relève pas du détail. Il traduit une meilleure gestion de l’énergie, une recharge plus rapide et surtout une constance mécanique et thermique supérieure. Un seul véhicule fait mieux sur le papier, le concept Mercedes AMG GT XX avec 5 479 kilomètres, mais il s’agit d’un prototype non destiné à la production. La Xiaomi SU7 2026 signe donc un record mondial pour une voiture électrique de série, un point essentiel pour replacer cette performance dans son contexte.

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Une vitesse moyenne qui change la lecture du record
Au-delà de la distance parcourue, un chiffre mérite une attention particulière. Durant l’épreuve, la SU7 restylée a maintenu une vitesse moyenne de 240 km/h, temps de recharge inclus. Cette donnée, confirmée par Lei Jun sur Weibo, change radicalement la lecture du record. Il ne s’agit pas d’un roulage lent optimisé uniquement pour l’autonomie, mais d’un rythme extrêmement élevé tenu sur une journée complète.
Le test s’est déroulé sur l’anneau de vitesse de Yancheng, au sein du centre de recherche et de technologie automobile de Chine. Pendant 24 heures, la berline a enchaîné les tours de circuit, en intégrant les phases de recharge, sans que les performances ne se dégradent. Lei Jun a lui-même comparé cet exploit à un marathon couru à une allure de sprint, une image parlante pour illustrer le niveau de contrainte imposé à la mécanique.
Une endurance qui s’appuie sur une nette hausse de l’autonomie
Cette performance n’aurait pas été possible sans une évolution marquée de l’autonomie. Cette variante restylée annonce désormais jusqu’à 902 kilomètres selon le cycle chinois CLTC, contre environ 800 kilomètres auparavant. Rapporté aux normes européennes, cela correspond à environ 750 kilomètres en cycle WLTP, un chiffre particulièrement élevé pour une berline de ce segment.
Le modèle utilisé pour le record était la version Max, créditée de 835 kilomètres CLTC, soit environ 709 kilomètres WLTP. Ce choix n’est pas anodin. Il permet, au contraire, de démontrer que la performance ne repose pas sur une configuration extrême ou théorique, mais sur une déclinaison déjà positionnée juste sous la version Ultra au catalogue.
Cette autonomie accrue permet d’espacer les recharges et d’optimiser chaque arrêt. Sur 24 heures, cette marge se transforme mécaniquement en kilomètres supplémentaires, surtout lorsque le rythme de roulage reste aussi élevé.

Un moteur inédit et une batterie de nouvelle génération au cœur de l’exploit
Le moteur V6s Plus, pensé pour tenir la durée
La nouvelle Xiaomi SU7 Max embarque le nouveau moteur V6s Plus, capable d’atteindre 22 000 tr/min. Sa puissance culmine à 690 chevaux, contre 673 chevaux auparavant, et permet à la berline d’atteindre une vitesse de pointe de 265 km/h. L’objectif n’est pas seulement la performance brute, mais la capacité à maintenir un haut niveau de rendement sur la durée, sans surchauffe ni dégradation.
Batterie Qilin, architecture 897 volts et recharge à 5,2 C
L’autre pilier de cette endurance repose sur la batterie Qilin de seconde génération fournie par CATL. Sa capacité atteint 101,7 kWh, avec une densité énergétique en nette progression, passant de 152 à 189 Wh/kg. Ce gain améliore l’autonomie sans alourdir significativement le véhicule.
L’architecture électrique de 897 volts autorise une puissance de charge maximale de 5,2 C. Concrètement, la SU7 peut récupérer jusqu’à 670 kilomètres d’autonomie en quinze minutes, contre 510 kilomètres sur l’ancienne version. Sur un test de vingt-quatre heures, ce différentiel est déterminant. À cela s’ajoute un coefficient de traînée amélioré, désormais annoncé à 0,21, qui contribue à limiter la consommation à haute vitesse.
La version Ultra comme vitrine technologique de la gamme
Située au-dessus de la version Max, la Xiaomi SU7 Ultra incarne la vitrine technologique de Xiaomi. Si elle n’a pas été utilisée pour ce record précis, elle s’inscrit dans la même philosophie. Performances encore plus élevées, réglages orientés vers un usage dynamique et composants renforcés illustrent l’ambition du constructeur. La logique reste toutefois la même, à savoir conjuguer puissance, endurance et maîtrise thermique plutôt que de privilégier un chiffre isolé.

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Des évolutions esthétiques discrètes, mais fonctionnelles
Visuellement, la SU7 restylée ne bouleverse pas ses lignes. Les modifications restent subtiles, avec une calandre avant optimisée et des détails aérodynamiques affinés. Les jantes conservent leur diamètre de 20 pouces, mais la largeur progresse à l’arrière, passant à 265 mm, ce qui améliore la motricité à haute vitesse.
À l’intérieur, de nouveaux coloris font leur apparition et certains éléments de finition ont été retravaillés. L’ergonomie progresse, tout comme la lisibilité des informations, un point essentiel sur des trajets prolongés. Là encore, l’évolution sert avant tout l’usage réel plutôt qu’un simple effet visuel.
Prix et disponibilité en Chine et en Europe
Cette SU7 restylée est déjà disponible en pré-commande en Chine, avec un lancement prévu pour le mois d’avril. Les tarifs débutent à 229 900 yuans, soit environ 28 150 euros, pour la version standard. La gamme s’étend jusqu’à la version Max, proposée à 309 900 yuans en pré-vente, tandis que la version Ultra se positionne plus haut avec un rôle clairement démonstratif.
En Europe et en France, aucune date officielle n’a encore été annoncée. L’homologation aux normes WLTP et l’adaptation aux réglementations locales restent des étapes incontournables. Si la Xiaomi SU7 venait à être commercialisée chez nous, son prix serait nécessairement revu à la hausse. Cependant, Xiaomi pourrait conserver un positionnement compétitif face aux berlines électriques européennes équivalentes.






