Jusqu’ici, acheter une voiture électrique offrait un avantage non négligeable : une carte grise quasiment gratuite. Contrairement aux modèles thermiques, les véhicules zéro émission échappaient à la taxe régionale, réduisant fortement les frais d’immatriculation. Depuis le 1er mai 2025, tout change. À partir de cette date, la carte grise des voitures électriques peut coûter bien plus cher que prévu. Alors, que faut-il vraiment savoir avant d’acheter un véhicule électrique en 2025 ?
Sommaire :
Un avantage fiscal en voie de disparition pour les voitures électriques
L’un des principaux avantages financiers des voitures électriques tenait à leur carte grise quasi gratuite. Pendant plusieurs années, les acheteurs profitaient d’une exonération totale de la taxe régionale, en plus des bonus écologiques et des primes à la conversion. Concrètement, seuls les frais de gestion (11 euros) et la redevance d’acheminement (2,76 euros) restaient à payer. Soit moins de 15 euros au total, là où un véhicule thermique pouvait coûter plusieurs centaines d’euros.
Cet allègement s’appliquait aussi bien aux véhicules neufs qu’aux véhicules d’occasion, et ce, dans toutes les régions. Mis en place dès 2020, ce dispositif avait pour but d’encourager la transition vers une mobilité plus propre. L’idée était de rendre les voitures électriques plus attractives à l’achat.
Depuis le 1er mai 2025, la situation a radicalement changé. L’article 119 de la loi de finances 2025 introduit une nouveauté de taille. Les régions ne sont désormais plus tenues d’exonérer les véhicules électriques de la taxe régionale. Elles peuvent choisir, par délibération, entre trois régimes possibles :
- Maintien de l’exonération
- Réduction de 50 %
- Ou application du tarif plein, identique à celui d’un véhicule thermique.
Le texte concerne aussi bien les voitures électriques que les modèles fonctionnant à l’hydrogène ou à une combinaison des deux. Interrogées par plusieurs médias spécialisés, les 13 régions métropolitaines avaient jusqu’au 30 avril 2025 pour faire connaître leur choix. Le résultat est sans appel : 12 régions sur 13 ont décidé de mettre fin à l’exonération totale, ou de la réduire.
Seule la région Hauts-de-France a choisi de maintenir une exonération complète, confirmant ainsi son soutien affirmé à la mobilité électrique. Ailleurs, les acheteurs de véhicules électriques devront désormais composer avec une fiscalité régionale variable, souvent alignée sur le tarif standard.

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Pourquoi ce changement ?
Derrière ce revirement fiscal, il y a une réalité budgétaire que les régions ne peuvent plus ignorer. Aujourd’hui, la taxe régionale d’immatriculation est la troisième source de revenus des collectivités. Elle arrive juste après la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et la taxe foncière. Jusqu’à présent, les véhicules électriques échappaient à cette contribution, ce qui entraînait un manque à gagner de plus en plus conséquent.
À mesure que le parc de véhicules électriques s’est élargi, cette exonération est devenue difficile à justifier. Surtout dans un contexte de budgets contraints, où les régions doivent financer à la fois les transports publics, la transition énergétique et les infrastructures locales. Certaines ont d’ailleurs déjà procédé à une hausse du prix du cheval fiscal en début d’année. Un autre indicateur de la tension financière à l’échelle régionale.
Lorsqu’en 2020 l’exonération a été généralisée, les voitures électriques ne représentaient que 6,7 % du marché français. L’impact sur les finances publiques régionales restait donc marginal. Mais en l’espace de quatre ans, la situation a profondément évolué : près de 17 % des immatriculations en 2024 concernaient des véhicules 100 % électriques. La dynamique est encore plus marquée dans certaines grandes villes. Notamment là où les aides locales, les restrictions de circulation et les avantages fiscaux ont accéléré la conversion.
Face à cette montée en puissance, les régions ont dû reconsidérer leur stratégie. Maintenir une exonération aussi large aurait continué à creuser un déficit difficilement tenable. D’autant plus que, contrairement au malus écologique qui ne s’applique qu’à la première immatriculation, la taxe régionale intervient à chaque changement de propriétaire. Une réalité inhérente au marché de l’occasion. Une aubaine pour les caisses régionales… désormais réactivée.

Combien allez-vous payer maintenant votre carte grise ?
Le retour de la taxe régionale sur les voitures électriques va forcément alourdir la facture. Pour se faire une idée claire, prenons un cas concret : celui de la Tesla Model Y Propulsion. Pour rappel, c’est l’un des modèles électriques les plus vendus en France. Sa puissance fiscale est de 6 chevaux. En région Île-de-France, où le cheval fiscal est fixé à 54,95 euros, le montant de la taxe régionale atteint donc 329,70 euros.
Il faut ensuite ajouter 11 euros de frais de gestion et 2,76 euros de redevance d’acheminement. Le coût total de la carte grise atteint alors 343,46 euros. Et ce tarif pourrait même être plus élevé dans d’autres régions, comme Provence-Alpes-Côte d’Azur ou Auvergne-Rhône-Alpes, où le cheval fiscal dépasse parfois les 55 euros. Ce surcoût s’appliquera aussi à l’occasion. Cela pourrait alors pénaliser les acheteurs à budget serré, notamment pour les modèles compacts ou urbains jusque-là très accessibles.
À noter que ce changement intervient dans un contexte de dématérialisation des démarches administratives. Depuis peu, la carte grise est intégrée à l’application France Identité, permettant une consultation numérique sécurisée du certificat d’immatriculation. Cette évolution simplifie la gestion des documents pour les usagers, mais ne modifie en rien le coût réel de la procédure. Même si la démarche est plus fluide, la facture reste bien présente. Elle risque d’alourdir le budget global d’achat pour ceux qui misaient encore sur des avantages fiscaux.
À ce jour, peu de régions ont précisé si elles allaient appliquer une réduction de 50 %, ou si le tarif plein deviendra la norme partout. Une chose est sûre : la « gratuite » carte grise des électriques appartient désormais au passé.

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Un simulateur en ligne pour estimer votre carte grise
Pour vous aider à anticiper le coût exact de votre certificat d’immatriculation, l’État met à disposition un simulateur en ligne sur le site service-public.fr. Cet outil, relié au portail de l’ANTS, couvre de nombreux cas de figure. Il permet par exemple l’immatriculation d’un véhicule neuf ou d’occasion, changement de titulaire, d’adresse, d’état civil ou encore passage en véhicule de collection.
La simulation nécessite quelques informations techniques, comme la puissance fiscale, le type d’énergie, ou encore la date de première mise en circulation. Selon la région sélectionnée, il fournit une estimation détaillée du montant total, répartie entre taxe régionale, frais fixes et redevance d’acheminement. Le montant affiché n’est qu’une estimation, mais il reste précieux pour ajuster son budget. Surtout face aux nouvelles règles fiscales adoptées par les régions.
Vous pensez acheter une voiture électrique ? Vérifiez d’abord combien vous coûtera la carte grise dans votre région. Le simulateur officiel sur service-public.fr vous aide à ajuster votre budget en quelques clics.






