En novembre 2025, une voiture sur quatre était électrique, portée par le leasing social et la poussée de la Renault 5. Malgré ce record, le marché auto français reste faible et peine à retrouver une véritable dynamique. Voici ce qu’il faut retenir.
Sommaire :
Le marché auto progresse à peine malgré un mois de novembre stable
Le mois de novembre s’achève avec 132 927 voitures particulières immatriculées, un score quasi identique à celui de 2024 (–0,2 %). Derrière cette stabilité apparente, le marché auto demeure l’un des plus bas depuis la pandémie : les volumes sont alignés avec les mois de novembre post-Covid, mais très éloignés des niveaux d’avant 2020. Depuis janvier, les immatriculations reculent de 4,9 %, confirmant une année 2025 qui restera sous les 1,7 million d’unités.
Le canal particulier, essentiel pour juger la santé du marché auto, poursuit sa baisse. Il ne représente plus que 49 % des ventes, trois points de moins qu’en octobre, et affiche un recul annuel de 7 %. Les achats au comptant se raréfient, les budgets sont sous tension, et les ménages repoussent l’achat neuf.
Seul signe encourageant : les commandes d’octobre ont bondi de 17 %. Ce frémissement pourrait éviter un début d’année 2026 trop morose, même si pour l’instant, le marché reste clairement sous-alimenté. Dans ce contexte général de faiblesse, une catégorie vient pourtant bouleverser la tendance : le tout électrique.

VOIR AUSSI : Comment les nouvelles pratiques de déplacement redessinent-elles les centres-villes ?
L’électrique s’envole grâce au leasing social et au poids croissant de la location
La progression de l’électrique en novembre ne doit rien au hasard. Elle repose d’abord sur le leasing social 2025, qui permet à certains ménages d’accéder à une citadine électrique pour moins de 100 € par mois, sans apport. Cette formule a littéralement redirigé la demande vers quelques modèles phares : Renault 5, Citroën ë-C3, Peugeot e-208, Peugeot e-2008 ou encore Fiat Grande Panda électrique. Leur volume d’immatriculations reflète ce transfert massif.
Résultat : 34 293 voitures électriques ont été immatriculées en novembre, atteignant 26 % du marché auto, avec une croissance spectaculaire de 47 % par rapport à novembre 2024. Il s’agit du meilleur mois de novembre jamais enregistré pour l’électrique, et du deuxième meilleur mois historique toutes années confondues.
Cette poussée s’appuie aussi sur l’évolution des modes d’achat : le neuf est devenu un produit qu’on loue plutôt qu’un produit que l’on achète. En novembre, 70 % des particuliers ont eu recours à la LOA, la LLD ou un leasing. Les loueurs de courte durée ont progressé de 52 %, et les flottes d’entreprise ont contribué à une hausse de 78 % des volumes électriques. À l’inverse, les ventes « classiques » aux particuliers continuent de s’éroder.
L’explosion de l’électrique est donc le résultat d’un montage financier et structurel, bien plus que d’un simple engouement technologique. Et dans ce nouvel équilibre, une marque domine très nettement.
Renault écrase le marché électrique tandis que Tesla recule et que les Allemandes progressent
Le mois de novembre confirme la suprématie de Renault sur le segment électrique. La Renault 5 continue d’imposer son rythme avec 5 286 immatriculations, et déjà 31 571 unités cumulées en 2025. À elle seule, elle représente près de 15 % des voitures électriques du mois. La marque ne s’arrête pas là :
- la Scenic E-Tech s’installe durablement sur le podium (1 934 unités)
- la Renault 4 poursuit sa montée en puissance (1 249 unités)
- la Mégane E-Tech reste régulière (881 unités)
Au total, plus d’une voiture électrique sur quatre immatriculée en novembre est une Renault, soit entre 27 % et 28,5 % selon les périmètres. Dans le marché auto électrique français, aucun concurrent ne rivalise aujourd’hui en volume ou en cohérence de gamme.
Stellantis affiche une part de marché solide (24,5 %), mais son avance repose sur une constellation de 31 modèles. L’e-208, la ë-C3 ou l’e-2008 profitent du leasing social, mais aucune ne joue dans la même catégorie que la R5.
Pour Tesla, novembre est un mois difficile. Seulement 1 591 immatriculations, soit –58 % par rapport à novembre 2024. Fait remarquable, la Model 3 (918 unités) dépasse la Model Y (659 unités), pourtant restylée. Le constructeur reste pénalisé par des livraisons irrégulières et une concurrence qui monte.
À l’inverse, les marques allemandes continuent de progresser. Le Skoda Elroq, les VW ID.3/ID.4, les Audi Q4 et Q6 e-tron, ou encore le BMW iX1 confirment que le premium et le généraliste allemand s’installent durablement dans le top français. Ces modèles participent à un mouvement plus large de diversification de l’offre électrique sur le marché auto.

Top 10 des voitures électriques en France — novembre 2025
| Rang | Modèle | Immatriculations novembre 2025 | Cumul 2025 |
| 1 | Renault 5 E-Tech | 5 286 | 31 571 |
| 2 | Peugeot e-208 | 2 069 | 12 388 |
| 3 | Renault Scenic E-Tech | 1,934 | 14,454 |
| 4 | Citroën ë-C3 | 1 695 | 14 651 |
| 5 | Renault 4 E-Tech | 1 249 | 5 231 |
| 6 | Skoda Elroq | 1 095 | 6 799 |
| 7 | Peugeot e-2008 | 1 093 | 6 521 |
| 8 | BMW iX1 | 964 | 7 733 |
| 9 | Tesla Model 3 | 918 | 5,427 |
| 10 | Renault Mégane E-Tech | 881 | 7 823 |






