Il y a encore quelques années, imaginer une Ferrari entièrement électrique semblait impensable. Pourtant, la Ferrari Luce est bien réelle. Avec 1 050 chevaux, 530 km d’autonomie et un tarif frôlant les 660 000 euros TTC, ce supercar marque un tournant historique pour le constructeur italien. Toutefois, au-delà des chiffres, une question cruciale divise les passionnés. Sans le rugissement ni le caractère d’un V8 ou d’un V12, cette édition branchée réussira-t-elle à offrir l’émotion forgeant le mythe de la marque ?
Sommaire :
Un design sculpté par l’air et une structure repensée
Pour créer cette première berlinette zéro émission, les ingénieurs ont revu l’architecture du modèle. Jony Ive et Marc Newson ont dessiné l’extérieur et l’habitacle via leur studio LoveFrom. Le duo a tracé une silhouette fluide en forme de goutte d’eau. Une vaste surface vitrée, baptisée « glass house », surmonte l’ensemble.
Sur ce supercar, le style sert directement l’aérodynamisme. La traditionnelle grande calandre disparaît au profit de grilles actives discrètes. Ces dernières canalisent l’air vers les radiateurs et les flancs du véhicule. Grâce à ce travail minutieux, le modèle affiche un coefficient de traînée (Cx) de seulement 0,254. Il s’agit d’un record absolu pour le constructeur.
Parallèlement, la sportive se distingue par ses jantes démesurées. Celles-ci atteignent 23 pouces à l’avant et 24 pouces à l’arrière. Forgées ou inspirées des turbines, elles optimisent les flux d’air. Dans la même dynamique, Maranello intègre directement les cellules de batterie au châssis en fibre de carbone. Ce choix abaisse le centre de gravité et renforce la rigidité. A haute vitesse, la suspension active abaisse l’avant de 10 millimètres. Des volets aérodynamiques sous le plancher ajustent simultanément la stabilité

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Motorisation : quatre moteurs pour une puissance de 1050 ch
Sous sa carrosserie, ce supercar électrique embarque une architecture composée de quatre moteurs indépendants, positionnant un bloc derrière chaque roue. Concrètement, l’ensemble développe 1 050 chevaux et 990 Nm de couple sous l’activation du Launch Control. Dans le détail, l’essieu arrière fournit 832 ch, complété par 282 ch à l’avant. De ce fait, cette configuration délivre la puissance de manière immédiate à la moindre pression sur l’accélérateur.
Logiquement, les performances impressionnent ; le 0 à 100 km/h est expédié en 2,5 secondes, le 0 à 200 km/h en 6,8 secondes, pour une vitesse de pointe de 310 km/h. Dès lors, la Ferrari Luce rejoint les sportives les plus rapides du moment, bien que la rivale développée par Mercedes-AMG revendique un dixième de moins sur l’accélération initiale. Afin de transmettre cette force colossale au sol, la gestion électronique surveille l’adhérence des pneus en continu et ajuste instantanément la répartition du couple. Il en résulte une poussée foudroyante, avec l’intensité continue caractéristique des hypercars électriques

Le défi des 2260 kg maîtrisé par un châssis sophistiqué
Conséquence inévitable de son architecture, la Ferrari Luce pèse 2 260 kg, dépassant d’à peine une centaine de kilos la masse du SUV Purosangue. Pour préserver l’agilité typique d’une berlinette italienne, le constructeur déploie alors des technologies dynamiques avancées.
En premier lieu, la vectorisation du couple répartit la force indépendamment entre les roues. Dans les courbes serrées, le système freine légèrement la roue intérieure tout en accélérant l’extérieur, forçant la voiture à pivoter naturellement et à gagner en précision.
Ensuite, les roues arrière directrices améliorent la maniabilité à basse vitesse. Empruntées au Purosangue, elles stabilisent également la trajectoire à haute allure. En complément, la suspension active agit roue par roue pour ajuster l’amortissement. La direction promet donc d’être incisive. Les freinages extrêmement appuyés souligneront néanmoins l’inertie du véhicule.

Batterie, recharge et autonomie réelle
Concernant la source d’énergie, le pack batterie de 122 kWh bruts (110 kWh nets), fourni par le sud-coréen SK On. Il intègre 210 cellules à haute densité (305 Wh/kg). Avec un tel dispositif, l’autonomie culmine à 530 kilomètres selon le cycle WLTP. Il apparaît clair que la marque privilégie la décharge de puissance brute plutôt que l’efficience énergétique.
Côté recharge, le réseau 800 volts encaisse jusqu’à 350 kW de puissance. Le véhicule récupère ainsi 70 kWh en vingt minutes (de 20 à 80 %). Cette performance reste honorable. La concurrence directe fait toutefois mieux. La berline Mercedes-AMG passe de 10 à 80 % en 11 minutes. Elle offre également 180 kilomètres d’autonomie supplémentaires.
De leur côté, les constructeurs BYD et Denza remplissent une batterie de capacité identique de 10 à 97 % en 9 minutes. Malgré cela, les acheteurs de Maranello cibleront avant tout l’excellence du comportement dynamique et l’exclusivité du blason.

Habitabilité et infodivertissement : l’interaction physique au centre
Au chapitre des dimensions, avec 5,02 m de long pour 1,99 m de large, la Ferrari Luce devient la Ferrari de route la plus imposante de l’histoire. Par conséquent, elle abrite quatre portes à ouverture antagoniste et cinq véritables places. Surtout, l’absence de tunnel central libère un espace maximal à l’arrière. De plus, la position de conduite offre des réglages amples, et le coffre de 597 litres surclasse largement les 473 litres du Purosangue.
À l’intérieur, le studio LoveFrom impose une philosophie minimaliste inspirée d’Apple. Par exemple, le cuir, le verre et l’aluminium habillent une planche de bord épurée, fuyant la mode du « tout écran ». De cette façon, chaque commande physique possède un retour tactile précis. Afin de compenser le silence mécanique, des transducteurs fixés au châssis convertissent les fréquences électriques en vibrations retransmises directement dans les sièges et le volant.
Quant à l’interface, elle s’éveille via une clé à écran E-Ink. Ses couleurs migrent vers le sélecteur de rapports au démarrage. Dans le même temps, le volant intègre le Manettino classique et un e-Manettino gérant la puissance (Range, Tour, Perfo). Plus haut, l’instrumentation exploite deux dalles Samsung OLED superposées, incluant une véritable aiguille pour la vitesse. En outre, l’écran central pivotant s’accompagne de molettes de climatisation, tandis que le chronographe bascule entre horloge, chronomètre et boussole.
Assez curieusement, le système Android Automotive fait l’impasse sur la navigation native. Le conducteur utilise donc Apple CarPlay ou Android Auto, le véhicule transmettant l’état de la batterie aux applications pour planifier les arrêts de recharge. Pour couronner le tout, au plafonnier, une tirette active le Launch Control, transformant le chronographe en compte à rebours de cinq secondes avant de libérer les moteurs.

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Prix et disponibilité de la Ferrari Luce
D’un point de vue tarifaire, affichée 550 000 euros hors taxes en Italie, la Luce atteindra autour de 660 000 euros TTC en France. Dès lors, elle s’installe au sommet de la hiérarchie du constructeur, loin devant la 12Cilindri ou la 849 Testarossa, surpassant même des références luxueuses de type Rolls-Royce Spectre.
Côté calendrier, la production débutera fin 2026 pour des livraisons début 2027, dans un climat industriel hésitant. En effet, face au ralentissement de la demande électrique, Lamborghini repousse son modèle à batterie à 2029, Bentley décale son échéance à 2035 et Porsche réinvestit dans la combustion.
Malgré ce contexte, Maranello maintient le cap, bien que la firme ait reporté son second modèle zéro émission à 2028. Pour éclairer cette stratégie, Benedetto Vigna, dirigeant de l’entreprise, rappelle que la Ferrari Luce complète la gamme sans remplacer les moteurs thermiques, visant 20 % de ventes électriques d’ici 2030.
Au final, les acheteurs investissent dans une pièce historique. Ainsi, les conducteurs attachés aux mécaniques traditionnelles resteront fidèles au reste de la gamme, tandis que les investisseurs scruteront la cote de ce premier jalon historique.






